senradackod a écrit : ↑mer. avr. 22, 2026 2:27 pm
J’aurai un tas de choses à dire, mais pas avant la semaine prochaine. En tout cas, on ne parle pas tous du même autisme (ce qui pourrait inciter à repréciser ce que définit le terme « autisme », et les réalités qu’il recoupe).
Biz à tous
C'est un débat en cours. Avec le DSM-V (2013) et le CIM-11 (2018), il a été choisi de regrouper les différentes sous-catégories de l'ancien TED (trouble envahissant du développement, qui comprenait aussi de le syndrome de Rett exclus du TSA) dans un seul item, le TSA, mais assorti d'un niveau de besoin.
Est-il pertinent de mettre la même étiquette sur un TSA niveau 3 (autisme sévère) et un TSA niveau 1 (autisme invisible) ? Le consensus de 2013/2018 dit que oui, un peu comme l'étiquette « malvoyant » va regrouper des situations très diverses (amblyope, aveugle...) sachant qu'après c'est la cotation de la prise en charge qui affine.
Mais au fond, c'était déjà le cas avant : l'étiquette TED regroupait les Kanner et les Asperger, sans que cela ne fasse lever un sourcil. Et on peut maintenant distinguer les Kanner à fort besoin (TSA niveau 3) et les Kanner à besoin modéré (niveau 2) ou faible (niveau 1), ce qui est plus précis ; les anciens Asperger étant plutôt de niveau 1 ou 2.
Bref, d'un côté on est plus précis, puisqu'on a séparé les Kanner en trois sous-groupes de besoin ; et moins précis, puisqu'un même niveau de besoin va inclure des Kanner et des Asperger.
Et le consensus actuel n'est pas figé, des études montrent que les gènes en cause entre un autisme détecté à l'enfance et un autisme détecté à l'âge adulte seraient différents [1], l'étude de Princeton distingue 4 phénotypes [2]... Bref, on va peut-être dans l'avenir rebattre les cartes, mais on ne verra probablement pas le retour du terme Asperger, personne, sauf peut-être Musk, n'ayant envie d'être associé à un collaborateur nazi eugéniste qui a envoyé 35 enfant à «
l'euthanasie » (le tristement célèbre pavillon
am Spiegelgrund)
[1] Xinhe Zhang et coll., « Polygenic and developmental profiles of autism differ by age at diagnosis », Nature, 1er octobre 2025
https://www.nature.com/articles/s41586-025-09542-6
[2] Aviya Litman et coll., « Decomposition of phenotypic heterogeneity in autism reveals underlying genetic programs », Nature Genetics, n° 57, p. 1611–1619, 9 juillet 2025
https://www.nature.com/articles/s41588-025-02224-z
Sinon, truc rigolo : ce matin, en arrivant, je discute avec l'un des seuls collègues avec lequel j'ai quelques affinités (on discute essentiel métal). Un de ses collègue avait perdu son porte-feuille vendredi, je lui dit que ça m'arrive plein de fois et que je suis peut-être TDAH vu que mon fils a été diagnostiqué, et là il me lâche : « J'ai mon fils qui a été diagnostiqué TDAH et ma fille Asperger, et je pense que ça vient de moi ».
À 60 ans, il ne va pas se faire dépister, mais on a pu échanger sur nos difficultés à se faire des amis, à supporter le management insensé, la fatigue à faire des efforts pour se conformer à un moule, le même rythme de sommeil (5 h la nuit mais besoin d'une sieste)...