Salut, ça doome ?
De mon côté dans le blog dédié, parmi 26 autres bonnes nouvelles, j'ai récolté du sexisme en recul en France, la police sommée de s'identifier par la Conseil d’État, 250 millions d'arbres plantés par un moteur de recherche, des super-groupes de baleines, des noyaux étouffe-Trump.
Dans le fil Sciences, un arbre qui filtre les micro-plastiques et un frein innovant pour fauteuil roulant remboursé.
Et voici les infocerises calorifiques de la semaine.
Et si la crise américano-iranienne était le début de la fin pour le pétrole ?
Lorsque l'approvisionnement énergétique est perturbé, les dirigeants ont trois options : trouver d'autres sources d'approvisionnement, réduire la consommation ou se tourner vers des solutions de remplacement.
Lors de crises précédentes, les pays ont également pris des mesures pour réduire leur consommation. Cela peut avoir des effets durables. Lors des chocs pétroliers au Moyen-Orient dans les années 1970, les prix du pétrole ont triplé, puis doublé à nouveau. Les autorités ont réagi en améliorant la productivité énergétique afin de faire plus avec moins. La demande mondiale finale de pétrole par habitant a atteint son pic en 1979 et ne s'est jamais rétablie.
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La crise pétrolière de cette année semble être en passe de créer un point de basculement social imprévu – un seuil à partir duquel s'enclenche un changement s'auto-alimente au point de modifier l'ensemble d'un système
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L'engouement pour les véhicules électriques en est un bon exemple. En Australie, les prix de l'essence ont bondi de près de 50 % en mars, et ceux du diesel de plus de 70 %. Il n’est pas surprenant que les ventes de véhicules électriques neufs aient atteint un niveau record, tandis que celles de véhicules d’occasion ont plus que doublé le mois dernier. Les 1,3 million de véhicules hybrides et électriques à batterie en Australie permettent d’éviter la consommation de près de 15 millions de litres d’essence et de diesel chaque semaine. La ruée vers les transports électriques est mondiale. La plupart des voitures neuves chinoises sont alimentées par des batteries, et non par du pétrole. En janvier, les ventes de véhicules électriques à batterie ont dépassé celles des voitures à essence pour la première fois en Europe.
https://theconversation.com/the-end-of- ... out-280263
L'article s'intéresse aussi à la conférence de Santa Marta, dont je parle plus bas.
Donald Trump a fait plus que quiconque pour accélérer la transition énergétique. L'attaque contre l'Iran n'est pas la façon dont nous aurions souhaité que les choses se passent, mais les conséquences imprévues de cette guerre inutile menée par Trump pourraient contribuer à faire sombrer le trumpisme partout dans le monde – ainsi que l'industrie corrompue et sordide qui le soutient.
https://www.theguardian.com/commentisfr ... ble-energy
La Conférence Santa Marta, une nouvelle force collective contre les fossiles
Les vives et franches discussions organisées au bord de la mer des Caraïbes entre pays pionniers bien décidés à s’affranchir de leur dépendance au charbon, au pétrole et au gaz, loin des portes qui claquent, des faux-semblants des Etats producteurs d’hydrocarbures, et des âpres marchandages qui émaillent chaque année les COP, n’étaient qu’un début.
La première conférence de sortie des énergies fossiles s’est conclue, mercredi 29 avril à Santa Marta en Colombie, par l’annonce d’un épisode 2 à Tuvalu en 2027. Cette prochaine édition sera coorganisée par le petit Etat polynésien menacé par la montée de l’océan Pacifique et porte-voix, sur la scène internationale, des pays pauvres les plus exposés au changement climatique, ainsi que par l’Irlande. Manière d’acter, alors même que la guerre au Moyen-Orient fait grimper les prix de l’essence et des billets d’avion partout dans le monde, l’urgence d’accélérer la transition énergétique mondiale, un objectif adopté universellement au sommet annuel onusien de Dubaï en 2023, mais resté depuis dans une impasse politique.
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La conférence de Santa Marta n’avait pas pour objectif de produire un texte contraignant mais de définir un nouvel espace de coopération internationale. Pari réussi : un groupe de coordination chargé de la continuité de cette conférence inédite, réunissant une soixantaine de pays, va voir le jour.
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La réflexion sur la nécessité d’inventer un cadre international contraignant pour la sortie des énergies fossiles a été au cœur des discussions. De nombreuses contributions ont ainsi appelé les Etats à rejoindre l’initiative d’un traité de non-prolifération de ces énergies. Et plusieurs mesures ont été annoncées. Notamment la création d’un panel de scientifiques internationaux chargés de conseiller les pays, les régions et les villes qui le souhaitent, dans l’élaboration de leur stratégie de sortie de la dépendance aux énergies fossiles au cours des cinq années à venir. Ce groupe «fournira toutes les solutions pour mettre en œuvre et financer» les politiques de sortie des énergies fossiles, expose l’un de ses piliers, le climatologue brésilien Carlos Nobre.
https://www.liberation.fr/environnement ... 3I6LGDDRU/
« Un sentiment d’urgence, mais aussi d’espoir, est en train de naître : avec ce sommet, on voit que l’on n’est pas forcés de rester otages de la situation de chantage et d’asphyxie économique et géopolitique dans laquelle nous sommes. Et, aussi, que l’on peut redéfinir les règles du jeu ensemble », dit Fanny Petitbon, responsable France de l’ONG 350.org, faisant référence aux blocages réguliers venant des pays produisant des hydrocarbures.
(...).
Trois conclusions principales ont ainsi émergé des échanges, d’après la représentante de 350.org. D’abord, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient et de flambée du prix des carburants, le fait que la sortie des énergies fossiles est à la fois un impératif climatique mais aussi économique. « De nombreux pays se rendent compte que leur dépendance aux hydrocarbures les expose à des risques économiques structurels, et que le fait d’en sortir leur permettra de réduire les coûts de l’énergie et de protéger leurs citoyens de chocs futurs », explique-t-elle.
Deuxième consensus : la nécessité d’investir massivement dans les énergies renouvelables — en réfléchissant à une transition socialement juste — et de trouver des moyens de la financer. « La question de la taxation des entreprises pétrolières a ainsi été au cœur des discussions », note Fanny Petitbon, avant d’exposer le troisième point d’accord : celui de développer davantage la coopération et la solidarité internationales sur cette question.
https://reporterre.net/Un-sentiment-d-e ... s-fossiles
Les pays rassemblés à cette conférence ont donc deux gros arguments pour appuyer leurs feuilles de route ; un
important groupe d'experts scientifiques dédiés à la transition énergétique et, comme je le récoltais il y a trois semaines,
les moyens de leurs ambitions : à eux-tous, ils ont un PNB supérieur à celui des U.S ou de la Chine. De quoi se rassurer dans leurs négociations et les facilitations des renouvelables qu'ils envisagent.
Et par ailleurs, bien que la Chine n'ait pas été invitée (souvent obstructionniste dans les cadres internationaux), elle pourrait être fort intéressée de négocier des prix sur un marché des renouvelables qu'elle a beaucoup investi.
Royaume-Uni: les actionnaires de BP infligent un revers à la direction et demandent plus de transparence climatique
Après le refus de la direction de BP de soumettre au vote une résolution demandant au groupe de présenter une stratégie dans des scénarios de baisse de la demande d'hydrocarbures, l'épisode avait fait monter d'un cran la défiance entre l’entreprise et ses actionnaires et, jeudi 23 avril, ce bras de fer s’est intensifié.
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Les actionnaires ont notamment rejeté une proposition visant à révoquer deux résolutions qui obligent aujourd’hui l'entreprise à publier certaines informations relatives au climat. La direction estimait notamment que ces résolutions « sont dépassées » du fait de l'évolution du cadre légal en la matière.
https://www.rfi.fr/fr/europe/20260424-r ... climatique
Un an après le black-out ibérique, la responsabilité des renouvelables écartée 
Récoltée grâce à @cdang, détails plus haut
https://www.alternatives-economiques.fr ... t/00118430
J'aime bien la fin de l'article, qui précise que toute l'éditocratie et les pontes pro-pétroles s'étaient pointés à l'époque sur les plateaux pour mettre ça sur le dos du solaire pas adapté.
Le Chili passe d'un réseau alimenté par les énergies fossiles à un réseau solaire et éolien
En un peu plus d'une décennie, le Chili est passé d'une situation où il n'y avait absolument aucune énergie éolienne ou solaire à grande échelle à une situation où l'électricité produite à partir de ces sources dépasse celle issue de l'ensemble des combustibles fossiles :
En 2000, l'éolien et le solaire ne fournissaient pratiquement rien de l'électricité chilienne. Les combustibles fossiles représentaient 45 %. En 2025, la part de l'éolien et du solaire était passée à 36 %. Celle des combustibles fossiles était tombée à 28 %.
Qu'est-ce qui a rendu cela possible ?
→ Le désert d'Atacama offre au Chili le rayonnement solaire le plus élevé de la planète
→ Des enchères concurrentielles ont permis d'atteindre certains des prix de l'électricité solaire les plus bas au monde — jusqu'à 29 $/MWh en 2016
→ Une taxe carbone et des normes d'émissions ont accéléré la sortie du charbon
Le basculement s'est produit entre 2023 et 2024 — et la trajectoire ne montre aucun signe de renversement.
https://www.linkedin.com/posts/janrosen ... 9056-EqSq/
Le mois dernier, les énergies renouvelables ont dépassé le gaz naturel sur le réseau américain pour la première fois
La situation n'est pas facile pour les énergies renouvelables aux États-Unis, mais le secteur continue d'établir de nouveaux records.
Il suffit de regarder ce qui s'est passé le mois dernier : au cours du mois de mars, le pays a tiré davantage d'électricité des énergies renouvelables que du gaz naturel, qui est généralement la principale source d'énergie du réseau américain.
C'est la première fois que les énergies renouvelables surpassent les combustibles fossiles aux États-Unis sur l'ensemble d'un mois, selon les données du groupe de réflexion Ember. Parallèlement, les sources sans émissions, une catégorie qui inclut à la fois les énergies renouvelables et le nucléaire, ont produit plus de la moitié de l'électricité du pays. C'est seulement la troisième fois que cela se produit sur l'ensemble d'un mois, la première fois remontant à mars dernier.
Certes, les énergies renouvelables n'ont dépassé le gaz que sur une courte période. Et, oui, mars marque le début de la saison intermédiaire du printemps, lorsque la demande en électricité baisse légèrement par rapport aux pics hivernaux et que les énergies renouvelables ont tendance à surperformer.
Mais il s'agit d'une étape majeure malgré ces réserves. Il y a seulement cinq ans, le fossé entre le gaz et même les meilleurs mois pour les énergies renouvelables était béant. Depuis lors, cet écart s'est réduit, en grande partie grâce à l'expansion rapide du solaire et à la croissance régulière de l'énergie éolienne. L'hydroélectricité, la bioénergie et d'autres sources d'énergie renouvelable ont vu leur part combinée dans la production d'électricité diminuer lentement au cours de la même période.
https://www.canarymedia.com/articles/cl ... march-2026
Oui, c'est des changements infrastructurels lourds, non c'est pas obligé de patienter beaucoup pour voir des résultats.
L'électricité bat un record de prix négatif en Belgique, un phénomène de plus en plus fréquent
De façon paradoxale, l'électricité peut avoir un prix négatif. Ce phénomène, de plus en plus fréquent, survient lorsque la production excède largement la demande. Et c'est précisément ce qu'il s'est passé, dimanche 26 avril, en Belgique, rapportent plusieurs médias du pays. "Sur le marché de gros, le prix se situait dimanche, entre 14h et 14h15, à -479,27 euros pour un mégawattheure (MWh)", note ainsi La Libre.be(Nouvelle fenêtre). Le prix de l'électricité n'a jamais été aussi faible outre-Quiévrain, "le record précédent remonte au mois de mai 2025".
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Ces dernières années, les épisodes de prix négatifs de l'électricité arrivent de plus en plus souvent sur le marché de gros de l'électricité européen. Ce phénomène se produit surtout lorsque la production d'énergie renouvelable, d'origine solaire, éolienne ou hydraulique, est abondante et ce quand la consommation est faible. C'est particulièrement le cas entre avril et octobre quand les conditions météorologiques sont bonnes, les week-ends et pendant les vacances.
https://www.franceinfo.fr/environnement ... 69652.html
Hm, puisque le marché change en bien, on pourrait peut-être en changer les règles, comme ça ça bénéficierait à plus de gens ? Chu sûr à la conférence de Santa Marta ça a dû leur passer par la tête...
Le plus grand parc éolien des États-Unis produit ses premiers watts
Le plus grand projet d'énergie renouvelable jamais construit aux États-Unis a commencé à produire de l'électricité, marquant ainsi la fin d'un projet de deux décennies visant à acheminer l'énergie éolienne produite au Nouveau-Mexique vers les consommateurs californiens.
Selon une source proche du projet, SunZia Wind a commencé à tester ses 916 éoliennes alors que le début de l'exploitation commerciale est prévu pour la fin de ce trimestre. L'impact est déjà visible : la Californie a battu son record de production éolienne à huit reprises au cours des quatre dernières semaines, selon Grid Status, un site web qui suit les flux d'électricité.
Ce parc éolien de 3,5 gigawatts, qui acheminera l'électricité vers la Californie via une ligne de transport de 550 miles, est sur le point d'atteindre la ligne d'arrivée à un moment où l'industrie éolienne est sous le feu des critiques à Washington.
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Initialement proposé en 2006, SunZia sera capable de produire suffisamment d'électricité pour alimenter 3 millions de personnes en Californie et en Arizona. Il revêt une importance particulière pour les objectifs de la Californie en matière d'énergie propre et de climat, car il devrait produire l'essentiel de son électricité la nuit, moment où l'État a tendance à consommer le plus de gaz naturel et où ses importantes ressources solaires sont hors service.
https://www.eenews.net/articles/largest ... ectricity/
Une centrale géothermique avec un rendement par puits 10 à 100 fois supérieur à la moyenne est actuellement en cours de construction
Quaise Energy est en passe de construire la première centrale électrique au monde utilisant de l'énergie géothermique à très haute température, c'est-à-dire celle obtenue en exploitant des roches dont la température dépasse 300 °C. La première phase du complexe de l'entreprise, baptisée « Project Obsidian », est en cours de construction dans l'Oregon. Elle devrait être opérationnelle dès 2030.
Une analyse de Quaise présentée lors du Stanford Geothermal Workshop 2026 confirme la conviction de l'entreprise selon laquelle sa première centrale pourrait produire au moins 50 MW d'électricité propre et renouvelable. Cette énergie, produite à partir d'une poignée de puits seulement, serait disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
Les extensions ultérieures du projet Obsidian sur le même site devraient permettre de produire encore plus d'énergie. La deuxième phase vise une production de 250 MW.
https://www.energyglobal.com/other-rene ... al-energy/
Et la troisième phase envisagée par l'entreprise, c'est un puits à 1 GW - on va dire que c'est pas encore fait, mais ça fait un peu rêver : presque un million de foyers alimentés avec un puits, sans émission, c'est pas mal.