François Carrel, « Canicule : à Grenoble, “on a créé la ville-parc là où régnait le bitume” »,
Libération, 24 juin 2026
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Flaubert, le nouvel écoquartier grenoblois, est écrasé sous la chaleur ce mardi 23 juin. Michelle se hâte de rentrer dans son appartement de l‘immeuble Urban Park, livré en 2020 par un bailleur social dans le respect d’un cahier de charges drastique sur l’isolation, l’orientation, les matériaux, les ventilations… « Chez moi, la température n’a pas dépassé les 25 °C ces derniers jours et il fait très frais dans les parties communes, salue la retraitée. C’est très bien, comparé aux bouilloires thermiques du centre-ville ! » Saluant l’absence d’enrobé dans cet ancien quartier industriel – 70 % des surfaces ont été désimperméabilisées –, la plantation de centaines d’arbres, l’installation de fontaines à eau et d’un espace brumisation, Michelle s’estime «privilégiée» : « n peut féliciter la ville d’avoir créé un quartier comme celui-là. »
À Flaubert, «on crée la ville-parc là où régnait le bitume», se félicitait en 2024 l’adjointe écologiste à l’urbanisme, Margot Belair. « La lutte contre le réchauffement est devenue le socle de notre projet urbain », précisait-elle. Ajoutant une priorité : «Éviter que ne restent dans une ville qui deviendrait invivable que ceux qui n’auront pas le choix, faute de moyens financiers. »
La tâche est titanesque. Grenoble figure parmi les villes les plus affectées par la multiplication des canicules : très dense, très peuplée et accablée par un « effet cuvette » dû aux massifs qui l’enserrent. [...] L’impulsion ne date pas d’hier, insiste [Gilles Namur, adjoint au cadre de vie] : « Nous avons posé le sujet avant tout le monde, avec le premier plan canicule du pays, dès 2018. » Il énumère : « Nous n’avons jamais cessé de lutter, dans tous les quartiers, pour déminéraliser et désimperméabiliser, malgré les résistances, planter des arbres – 17 000 sur les deux premiers mandats et nous voulons maintenir ce rythme –, aménager des cheminements piétons et des pistes cyclables ombragées, réhabiliter les réseaux de fontaines, créer des brumisateurs… »
L’accès à l’eau, sujet majeur. Malgré le maintien d’une équipe «eau» composée de six agents et des investissements conséquents, fontaines et bassins restent trop peu nombreux, trop fragiles et exposés.
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Outre les nouveaux quartiers résilients, des rénovations thermiques massives de l’ancien, notamment du parc social grâce aux financements de l‘Etat, ont été réalisées et se poursuivent. Certes efficaces, elles restent insuffisantes en nombre et c’est le cas aussi pour les équipements scolaires. Le plan école de la gauche écolo a pourtant été conséquent : 14 cours d’écoles ont été débitumées et végétalisées, 19 « places aux enfants », arborées et piétonnes, ont été créées avec la métropole devant des groupes scolaires, 4 nouvelles écoles construites aux meilleures normes thermiques, une douzaine d’anciennes rénovée et isolées…