Morningkill a écrit : ↑ven. juin 26, 2026 7:19 am
Aussi important de noter que c'est un arrêt de sécurité "écologique" (animaliste ?)
Animaliste, oui, puisque nous sommes des animaux.
Parce que n'oublions pas que, étant au sommet de la chaîne alimentaire, nous sommes les plus fragiles vis-à-vis des changement environnementaux. Si on pourrit les fleuves à force de les réchauffer, dans un premier temps ça fait crever les poiscailles, et dans un second temps tout ce qui a autour, à commencer par nous...
Sinon :
Nina Guérineau de Lamérie, « Canicule : “C’est toujours après trois, quatre jours qu’on voit les effets catastrophiques” »,
Libération, 25 juin 2026
https://www.liberation.fr/societe/sante ... TN7UPBXYY/
Mercredi 24 juin, 25 arrêts cardiaques ont été recensés à Paris contre moins de 10 habituellement [...] les victimes étaient majoritairement des personnes âgées déshydratées mais aussi de jeunes sportifs.
[...]
Nombre de morts en augmentation, mais aussi recours au Samu multiplié par quatre, hausse des admissions aux urgences… [...] Les interventions quotidiennes des pompiers ont, elles, quasiment doublé, passant de 1 250 à plus de 2 100. [...] Hier, un homme de 58 ans est mort sur son lieu de travail
[...]
Toutefois, « la situation ne ressemble en rien à ce qu’on a vécu en 2003 [la canicule avait fait près de 15 000 morts, ndlr], signale Frédéric Adnet. A cette époque, la grande majorité des décès avaient lieu dans les maisons de retraite et les Ehpad. Là, on en a très peu, ce qui prouve que les mesures de prévention ont été efficaces. La deuxième grande différence, c’est qu’on a maintenant des techniques de refroidissement précoce, des baignoires d’eau glacée qui permettent de refroidir rapidement les patients. »
Cécile Bourgneuf, « Salles de concert, stade de rugby, hôtel climatisé... l’école se délocalise à la recherche d’air frais »,
Libération, 25 juin 2026
https://www.liberation.fr/societe/educa ... BFGDOQIFM/
Des élèves qui font classe dans une salle de concert. D’autres installés dans les loges du stade de l’Aviron bayonnais, ou encore des salles de réunion d’hôtels, des mairies ou des centres administratifs… Face aux températures qui ont transformé de très nombreuses écoles en fours, des communes réquisitionnent des bâtiments climatisés pour accueillir les enfants au frais. L’école hors les murs, une réponse d’urgence à un phénomène inédit : ce jeudi 25 juin, plus de 10 000 établissements (sur 60 000) ont aménagé leurs horaires, 3 500 ont fermé leurs portes.
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« On a eu de la chance, un transporteur nous a répondu un dimanche », raconte Brice Morin, adjoint à l’éducation. Dix-huit autocars sont mobilisés dès le lendemain matin. Pendant ce temps, les agents municipaux déplacent tables, chaises, matériel scolaire et restauration.
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A Prouvy (Nord), c’est carrément la mairie qui s’est muée en école. [...] À Pantin (Seine-Saint-Denis), un hôtel a proposé d’ouvrir ses salles de réunion climatisées aux écoles voisines. La ville a également mobilisé plusieurs équipements publics, comme le Centre national de la fonction publique territoriale, ou le Ciné 104 qui devait accueillir des élèves pour des projections au frais
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En Bretagne, certaines communes ont envisagé d’accueillir des élèves dans des églises. Le syndicat SE-Unsa a obtenu du ministère un rappel immédiat aux recteurs, directeurs académiques et préfets : même sous la canicule, un service minimum d’accueil ne peut être organisé dans un lieu de culte, au nom du principe de laïcité.
Florian Bardou, « Philippe Madec, architecte frugal : “Colorer en blanc les toits en zinc ne changerait pas la face de Paris mais ferait du bien en temps de canicule” »,
Libération, 25 juin 2026
https://www.liberation.fr/lifestyle/des ... ECTVZRAYI/
D’abord, le bâtiment n’est pas un objet isolé. Il faut prendre en compte la totalité de son environnement. Pour éviter les climatiseurs, qui réchauffent l’air extérieur, et que la ventilation naturelle fonctionne, il faut réduire en amont les îlots des chaleurs. La végétalisation de l’espace public est indispensable pour apporter fraîcheur et humidité. Mais aussi des systèmes anciens comme la protection des rues avec des voiles.
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Comment climatiser naturellement ?
Il n’y a plus de réponse toute faite. Pour la médiathèque James-Baldwin, on a utilisé trois systèmes. D’abord, la ventilation naturelle directe traversante, d’une fenêtre à l’autre ; puis, ce qu’on appelle la ventilation naturelle assistée contrôlée avec des tourelles en toiture qui extraient l’air. Dans ce bâtiment, il y a des jeux de hauteur qui permettent un échange entre l’air chaud entrant et l’air froid sortant. On a aussi creusé un patio de 10 mètres au milieu, comme dans les médinas du Sud, qu’on appelle puits dépressionnaire. Le vent qui passe au-dessus aspire l’air et la fraîcheur irrigue le reste de l’édifice. Cela fonctionne naturellement bien.
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je n’utilise pas un seul système mécanique de ventilation.
Pascal Canfin, « Canicule : sortir des postures simplistes et additionner les solutions, par Pascal Canfin »,
Libération, 25 juin 2026
https://www.liberation.fr/idees-et-deba ... X4XOE7G4Y/
il faut additionner les solutions et non les opposer. Le débat simpliste que le Rassemblement national essaie d’imposer sur « pour ou contre la climatisation » est l’exemple parfait de ce qu’il ne faut pas faire. Oui il faut climatiser les écoles et les hôpitaux. Comment justifier que les centres commerciaux soient climatisés (et parfois surclimatisés) et laisser les enfants, les malades ou les personnes âgées, seules face à une chaleur devenue dangereuse ? Mais, le Rassemblement national va-t-il climatiser les champs des agriculteurs dont les rendements baissent à cause des événements climatiques ? Va-t-il climatiser les fleuves pour les refroidir ? En quoi la climatisation règle-t-elle la question de la vulnérabilité de nos grandes infrastructures, comme les voies ferrées, les centrales nucléaires, les ports ou les barrages hydroélectriques aux températures extrêmes, à la sécheresse ou à la montée des eaux sur nos littoraux ?
Pour agir nous devons d’abord connaître. Or, cela peut paraître incroyable au regard de la situation climatique, mais très peu d’entreprises et de gestionnaires d’infrastructures critiques ont passé des « stress tests » qui montrent comment ils se comporteraient dans une France à + 4 °C.
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Pour agir, nous devons ensuite négocier les évolutions sur les territoires, au plus près de la vie quotidienne de ceux qui subissent les impacts du changement climatique, avec les élus locaux qui sont en première ligne. Négocier l’accès à l’eau des agriculteurs en échange de changements de pratiques qui les rendent moins vulnérables dans la durée, négocier la relocalisation de certaines activités en raison de la montée inévitable des eaux et du retrait du trait de côte. Négocier avec les banques et les assureurs, la façon de prendre en charge les impacts qui sont aujourd’hui encore largement cachés. Prenons juste l’exemple des retraits-gonflements des sols argileux qui menacent la stabilité de plusieurs millions, oui plusieurs millions, de maisons individuelles. Là où le phénomène est déjà palpable, comme en Nouvelle-Aquitaine, la valeur des maisons concernées baisse de 50 %. La moitié du patrimoine des familles disparaît en fumée, car qui va acheter une maison qui menace de s’écrouler ?
Hélène Nogues-Brunet, « Canicule : en prison, on crève de chaud à l’ombre »,
Libération, 25 juin 2026
https://www.liberation.fr/idees-et-deba ... 275CWK5TU/
Alors que la France traverse un nouvel épisode caniculaire jamais égalé, les mêmes images reviennent : fontaines prises d’assaut, recommandations sanitaires en continu, écoles fermées, hôpitaux sous tension, mesures exceptionnelles d’accès aux musées, gratuité des piscines. Mais un angle mort demeure largement absent du débat public : la prison.
Pourtant, c’est près de 90 000 personnes qui sont aujourd’hui détenues dans nos établissements pénitentiaires. A elles s’ajoutent plus de 40 000 agents pénitentiaires ainsi que l’ensemble des intervenants, familles, associatifs et professionnels qui fréquentent quotidiennement ces lieux. Tous subissent les conséquences d’infrastructures conçues pour un climat qui n’existe plus.
Cellules surchauffées, bâtiments mal ventilés, cours de promenade minérales, accès limité à l’eau fraîche, impossibilité de modifier ses horaires ou ses déplacements : la prison concentre les vulnérabilités que le dérèglement climatique rend chaque année plus visibles.
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La situation est encore plus préoccupante pour les personnes les plus vulnérables, notamment les jeunes mineurs détenus.
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La prison apparaît comme un laboratoire involontaire de ce qui arrive lorsque des infrastructures rigides rencontrent les bouleversements écologiques contemporains. Le sociologue Erving Goffman qualifiait déjà ces lieux d’« institutions totales », organisées autour du contrôle des corps et de la standardisation des comportements. Or ces logiques reposent sur une hypothèse rarement formulée : la stabilité du monde physique qui les entoure. Cette stabilité est désormais révolue.
Les bâtiments, les règlements et les dispositifs de gestion ont été conçus dans un contexte climatique relativement prévisible. L’anthropocène fait voler en éclats cette promesse. [...] La prison révèle alors un problème bien plus large que la seule question carcérale. Elle met en lumière le décalage grandissant entre des infrastructures héritées du XXe siècle et les réalités du XXIe. Hôpitaux, écoles, maisons de retraite, logements sociaux : partout se pose la même question : comment faire fonctionner des équipements et des organisations conçues pour un monde disparu ?
Anaïs Condomines, « Canicule en prison : “Si ça continue tout l’été comme ça, il y aura des malheurs” »,
Libération, 25 juin 2026
https://www.liberation.fr/societe/polic ... J5UYR3GEM/
De l’eau et des ventilateurs devraient être distribués. Le ministre a demandé que, sur ce point, on s’abstienne de la bureaucratie et que les détenus puissent bénéficier d’un ventilateur sans devoir « cantiner », c’est-à-dire sans avoir à les commander en amont. Mais le stock est nettement insuffisant et cela prendra du temps avant d’en avoir assez. Une attention particulière a été réclamée pour les unités «mère enfant» et il a également été demandé que les peines au mitard, les lieux d’isolement, soient réservées aux sanctions les plus graves. Enfin, le ministre a évoqué des réunions avec les chefs de cours pour faire sortir plus vite les détenus pour petits délits et atteintes aux biens. Mais j’ai peu d’espoir que cela soit mis en œuvre.
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l’année dernière, nous avons relevé cinquante degrés dans une cellule de trois personnes, au centre pénitentiaire de Grenoble-Varces (Isère). On peut en mourir. Si ça continue tout l’été comme ça, il y aura des malheurs, c’est sûr.
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C’est compliqué de faire pleurer sur les détenus. Et ce n’est pas porteur politiquement de tenter d’améliorer leurs conditions, mais rappelons qu’il y a 30 à 35 % de fous dans les prisons… et que la situation doit sacrément leur taper sur le crâne. Leur vulnérabilité, à tous, elle vient des conditions infâmes qu’on leur fait subir. Ce qu’on voit dans les cellules, c’est immonde. C’est incompréhensible qu’on puisse laisser des humains enfermés ainsi, souvent 23 heures sur 24.
Lucas Bretonnier, « Théodore Tallent, politiste : “Faut-il déplacer la présidentielle en été pour faire du climat un enjeu de campagne ?” »,
Libération, 25 juin 2026
La majorité des citoyens a conscience qu’il y a un changement climatique d’origine humaine. Ils expriment d’ailleurs une préoccupation. Ce n’est pas un déni au sens où on ne voudrait pas admettre qu’un problème existe, mais plutôt la construction collective d’un désintérêt. C’est donc d’abord un problème d’attention médiatique, de « saillance » du sujet, sur le temps long. La crise climatique fait les gros titres seulement par pics, par crises. Cela remobilise, mais de manière ponctuelle, et nourrit donc l’indifférence de la société le reste du temps. Alors que les questions de pouvoir d’achat, par exemple, occupent l’opinion en permanence. Il faudrait peut-être mettre la présidentielle en juin : cela obligerait les candidats, en période de fortes températures, à se positionner sur un agenda écologique qui répondrait avec sérieux à la crise climatique.
Ensuite, le problème, c’est cette impression d’impuissance, qui vient paralyser les électeurs… S’adapter au niveau individuel, c’est dur, donc tant qu’on n’a pas de politique systémique pour répondre à cette urgence, c’est comme s’il n’y avait pas d’horizon, désirable ou même faisable. Alors on détourne le regard.
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On compare parfois la situation sous cette canicule à celle pendant le Covid-19. On a fait un «quoi qu’il en coûte» à l’époque, pourquoi pas aujourd’hui ?
C’était plus facile à l’époque car il n’y avait pas une telle crise de la dette, avec le FMI sur notre dos…