Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

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Morningkill
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Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

Message par Morningkill »

Rhoward a écrit : mar. mars 17, 2026 8:54 am Il a fait des trucs plus space-op ? En fait, je me demandais qui était les "successeurs" aujourd'hui des Hamilton, Williamson et autre Vance, Brackett, avec ce mélange d'aventure, d'espace et d'exotisme... Scalzi semble bien cocher quelques cases, j'ai l'impression, mais j'avoue que je
Alors tu as christopher Ruocchio, avec l'empire du silence, qui a été décrit comme
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sherinford
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Moi qui n'ai pas connu les hommes

Message par sherinford »

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"Moi qui n’ai pas connu les hommes", de Jacqueline Harpman.

Rassemblées dans une cave derrière des barreaux, quarante femmes venues d’horizon différents sont gardées par quelques gardiens, qui imposent leur loi à coups de fouet. Une d’entre elles, la narratrice, était si jeune au moment de leur emprisonnement, qu’elle ne se souvient pas de la vie d’avant. Elle n’a d’ailleurs même pas de nom: les autres l’appellent “la petite”.

Les jours passent et se ressemblent beaucoup trop, jusqu’au moment où un événement vient interrompre leur quotidien: suite à une alerte en plein milieu d’une livraison de nourriture destinée aux repas, les gardiens quittent la cave, laissant la clef sur la porte grillagée… Enfin, elles peuvent sortir de leur prison, et rejoindre prudemment la surface…

Ce roman de Jacqueline Harpman a été publié en 1995 et a connu un regain de popularité en 2020. Certains le classent comme un roman de science-fiction, mais pour moi, il s’agit plutôt d’un roman philosophique, qui invite à s’interroger (notamment) sur le sens de l’existence… En effet, en termes de récit et d’événements, le lecteur reste sur sa faim: il ne s’agit pas ici d’un roman d’aventure, il n’y a pas de dénouement surprenant, ni même une quelconque explication sur le pourquoi du comment de l’emprisonnement de ces femmes. L’autrice n’a jamais voulu discuter de son roman avec qui que ce soit: elle laisse aux lecteurs le soin de choisir eux-mêmes leur clef de lecture, ce qui fait que cette oeuvre gardera à jamais son aura de mystère...
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Sammael99
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Re: Littérature blanche, littérature noire, les livres dont vous vous êtes repus

Message par Sammael99 »

J'ai lu (plus vite que prévu) Humus de Gaspard Koenig et même s'il y a des trucs qui m'ont plu et que je l'ai lu très vite, je suis quand même pas mal déçu. J'ai entendu parler de l'auteur et du bouquin lors d'une interview radio sur son second livre d'une tétralogie (Aqua) et le bonhomme m'avait semblé intéressant, et l'idée d'un roman philosophique contemporain sur la terre (le premier, Humus, donc) intrigante.

Sur les points positifs, ça se lit très bien, c'est ultra-documenté et le sujet de fond est très intéressant. On suit deux jeunes ingénieurs agronomes, un plutôt issu de la haute bourgeoisie et qui fait des études d'ingénierie un peu pour sortir de l'attendu familial, l'autre de parents pauvres, mais brillant et ayant bénéficié de bourses pour arriver où il est.

Le bouquin explore le destin contrarié de ces deux amis que tout sépare en apparence mais que réunit une passion pour les lombrics et pour leur rôle écologique.

Malheureusement, une fois la première partie du roman posée, on se rend compte que les personnages, assez caricaturaux au départ, au lieu de le devenir moins et de permettre un développement en profondeur sur les sujets abordés, le deviennent de plus en plus. En fait, Humus ressemble de ce point de vue à un conte qui ne s'assume pas: les décisions des personnages ne sont basées ni sur qui ils sont sensés être ni sur leurs intérêts, mais uniquement sur le rôle de ces décisions dans la symbolique du récit.

Du coup, on aboutit à un roman creux, qui loin d'interroger sur le rôle de l'écologie moderne conclut cyniquement à son inévitable inefficacité mais sans jamais en avoir fait une démonstration convaincante.

Bref, autant la lecture était agréable autant le fond m'a laissé un sale goût dans la bouche.
Mozart n'a pas écrit que le Boléro de Ravel. Mais aussi plein d'autres trucs beaucoup moins connus (comme le canon de Pachelbel). - Le Grümph
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