Dernière lecture:
"Moi qui n’ai pas connu les hommes", de Jacqueline Harpman.
Rassemblées dans une cave derrière des barreaux, quarante femmes venues d’horizon différents sont gardées par quelques gardiens, qui imposent leur loi à coups de fouet. Une d’entre elles, la narratrice, était si jeune au moment de leur emprisonnement, qu’elle ne se souvient pas de la vie d’avant. Elle n’a d’ailleurs même pas de nom: les autres l’appellent “la petite”.
Les jours passent et se ressemblent beaucoup trop, jusqu’au moment où un événement vient interrompre leur quotidien: suite à une alerte en plein milieu d’une livraison de nourriture destinée aux repas, les gardiens quittent la cave, laissant la clef sur la porte grillagée… Enfin, elles peuvent sortir de leur prison, et rejoindre prudemment la surface…
Ce roman de Jacqueline Harpman a été publié en 1995 et a connu un regain de popularité en 2020. Certains le classent comme un roman de science-fiction, mais pour moi, il s’agit plutôt d’un roman philosophique, qui invite à s’interroger (notamment) sur le sens de l’existence… En effet, en termes de récit et d’événements, le lecteur reste sur sa faim: il ne s’agit pas ici d’un roman d’aventure, il n’y a pas de dénouement surprenant, ni même une quelconque explication sur le pourquoi du comment de l’emprisonnement de ces femmes. L’autrice n’a jamais voulu discuter de son roman avec qui que ce soit: elle laisse aux lecteurs le soin de choisir eux-mêmes leur clef de lecture, ce qui fait que cette oeuvre gardera à jamais son aura de mystère...